Hume. La règle du goût.

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David Hume, Dissertation sur la règle du goût (Of the standard of taste), 1757.

Plan 

  • Préambule (§1-5). Constat sur la diversité des goûts et des opinions. Problème de l’ethnocentrisme. Comparaison entre les jugements esthétiques, les jugements scientifiques, et les jugements moraux. Critique du langage. Les hommes peuvent utiliser les mêmes mots, et pourtant avoir des sentiments différents.
  • Le paradoxe du goût (§6-8). Présentation de la thèse sceptique qui rejoint le sens commun (§7). Le goût est subjectif. Mais, toujours selon le sens commun, il y a aussi un accord sur la valeur de certaines œuvres (§8). Certains jugements esthétiques sont absurdes. Tension entre ces deux prémisses. Comment peut-on expliquer le consensus autour des grandes œuvres ? S’il n’y avait aucune règle du goût, comment pourrions-nous nous accorder dans nos jugements, et considérer, à l’unanimité, que certains artistes sont supérieurs à d’autres ?
  • La résolution du paradoxe (§9-17). Si désaccord entre les hommes il y a, ce n’est pas qu’il n’y a pas de règles de l’art ; il y en a, et on peut les connaître grâce à l’expérience et à l’observation des œuvres du passé (§9). C’est plutôt que le jugement esthétique est faussé, soit par un défaut des organes (§12-13), soit par un manque de délicatesse de celui qui juge (§14). L’œuvre d’art est objectivement belle, mais sa beauté n’est pas perçue par le sujet. Tous les goûts ne se valent pas. L’exemple tiré de Don Quichotte (§15-16). Tous les hommes n’ont pas un goût délicat : si c’était le cas, ils s’accorderaient dans leurs jugements (§17). La délicatesse n’est pas innée : elle peut s’acquérir sous certaines conditions.
  • Les conditions pour apprécier une œuvre d’art (§18-24). Il faut s’exercer, affiner ses sens (§18-19), comparer les œuvres entre elles, donc avoir de la culture (§20), considérer l’œuvre sans préjugés (§21-22), et faire preuve de bon sens (§23). Telles sont les conditions à remplir pour devenir un bon juge. Est beau ce qui est reconnu comme tel par les personnes remplissant ces conditions.
  • Problème : qui sont ces hommes dont le jugement constitue la règle du beau ? Comment les reconnaître ? Comment distinguer le véritable homme de goût, du faux ? Retour à l’incertitude initiale (§25).
  • Reprise de la discussion. Comparaison entre les jugements scientifiques et les jugements esthétiques : les premiers font l’objet d’une démonstration, mais peuvent être contredits ; les seconds font l’objet d’un consensus durable, qui traverse les époques (§27). Les hommes de goût sont rares, mais peuvent aider les autres à apprécier l’œuvre du vrai génie (§28).
  • La variété des goûts est inévitable. Elle s’explique par d’autres causes, sur lesquelles on ne peut pas agir (§29-30). Les hommes divergent dans leur jugement, d’une part, parce qu’ils n’ont pas la même humeur (§31-32), d’autre part, parce qu’ils n’ont pas la même culture (§33). Dans tous les cas, nous aimons ce qui nous ressemble et ce qui est proche de nous. La querelle entre les Anciens et les Modernes (§34). Le problème de l’immoralité des œuvres d’art : l’aversion morale gâche le plaisir esthétique. Comparaison entre les jugements moraux et les autres jugements scientifiques ou philosophiques : nous pardonnons les erreurs, mais nous sommes attachés à nos principes moraux (§35). Le problème de la religion (§36-39) : les croyances religieuses qui apparaissent dans une œuvre n’ont pas d’impact sur le plaisir esthétique, à moins qu’elles soient ridicules, en tombant dans la superstition ou la bigoterie.
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